MIRACLE
- Poste par admin le novembre 4th, 2007 catégorie Algerie
Il marchait sur les flots jusqu’à s’enfoncer. Un pied légèrement glissant. L’eau ne le portait. Il ne se dirigeait, innocemment il posait le pied. Caresse légère mais il n’avançait Peut-être n’était-il pas porté, simplement posé sur le fond. Mais quel fond ? Les flots roulaient, le poussant sans qu’il marchât. Il s’enfoncerait jusqu’à la disparition. Ou encore, s’éloignant aérien, survolerait-il le mouvement incessant et saccadé, ce jour là. Il pensait marcher sur la mer. Supporté par la densité saline ou la volonté inconsciente de planer. Il ne marchait pas vraiment. C’était plutôt une danse, sorte de ballet aérien, cela lui évitait de s’enfoncer, d’aller au fond. Pourtant il restait à la surface. En équilibre. Il voguait, tantôt un pied délicatement glissant, fendant la mer, s’enfonçant en douceur, sans sombrer. Il glissait peut-être en arabesques barbares.
Atteindrait-il l’autre rive, là-bas, en face, à la blanche Alger. Il n’irait jamais.
Avancer l’exténuait. Il préférait survoler. Des ailes, il aurait besoin. Pour se transporter dans les airs goéland aux rémiges évasées, tunique blanche, légère, de gaze liquide sur son corps englouti. En cormoran, réapparaissant, on voyait ses pieds posés la, comme on pose une rose, avec délicatesse. Et puis, là bas, loin, devant, enluminé, ciselé, d’un soleil pourpre se couchant, sur la barque tanguant, que ses pieds a accompagnaient, en ses mouvement, il disparut à nos yeux.
Le miracle venait d’avoir lieu.